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Magie et sorcellerie chez les indigènes de l’archipel Paumotu (1948)


Titre : Magie et sorcellerie chez les indigènes de l’archipel Paumotu
Auteur : Anne Hervé

Publication : Journal de la Société des Océanistes
Éditeur : Société des Océanistes
Date d’édition : 1948
Type : publication en série imprimée
Langue : Français
Droits : licence Creative Commons

EXTRAIT

MAGIE ET SORCELLERIE CHEZ LES INDIGÈNES DE L’ARCHIPEL PAUMOTU

Madame Anne Hervé a passé les vingt premières années de son existence aux Iles Paumotu. Ce long séjour lui a permis une intimité de vie avec les indigènes qui, l’ayant toujours connue, se départissaient quelque peu en sa faveur de leur méfiance habituelle à l’égard du Blanc. Grâce à celle confiance, Madame Anne Hervé a pu observer et recueillir certains jails précis et localisés, utile contribution à un sujet où la documentation n’abonde pas.

Il y a deux sortes de sorciers aux îles Paumotu : le muki, sorcier du Mal, redouté partout; on est rarement sûr qu’une personne soit muki, car celle-ci tient son pouvoir soigneusement caché et ne l’avoue pas. Il y a aussi le bon sorcier, le taua, qui est plutôt guérisseur, exorciseur, que l’on fait chercher d’une île à l’autre, pour un malade ou un possédé.

Les indigènes attribuent la plupart du temps à un sort une maladie mystérieuse; mais la plupart des maladies sont mystérieuses pour eux. Et il faut distinguer tout d’abord les sorts automatiques, provenant des violations de tabous variés, des autres sorts jetés par malveillance.

Il est difficile de savoir comment procède le sorcier; il pratique peut-être l’envoûtement, mais il semble qu’une forte suggestion à distance suffise, accompagnée sans doute de magnétisme. Le plus souvent, j’ai entendu des menaces verbales comme : « Ton ventre va enfler; il y aura un crabe dedans, et tu mourras dans six mois. » Ceci est la formule la plus employée.

Le cas le plus précis que je connaisse est arrivé, dans l’île de Maro- kau, dans l’est de l’archipel. Le nom des héros m’échappe, c’était en 1928. Mon père, administrateur de l’archipel, était en tournée de Justice sur la goélette du service local, la Mouette. Il n’avait pas de médecin à bord cette fois-là. Tout le village était troublé par le cas d’une

Référence bibliographique de l’article

Hervé Anne. Magie et sorcellerie chez les indigènes de l’archipel Paumotu. In: Journal de la Société des océanistes, tome 4, 1948. pp. 49-56.

DOI : 10.3406/jso.1948.1591

www.persee.fr/doc/jso_0300-953x_1948_num_4_4_1591

Categories:   1940 - 1949, Français, Livres, périodiques & bulletins, Persée, Tuamotu

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